• Il y a : Poésie de guerre

    Il y a

        Il y a un vaisseau qui a emporté ma bien-aimée

        Il y a dans le ciel six saucisses et la nuit venant on dirait des asticots dont naîtraient les étoiles
        Il y a un sous-marin ennemi qui en voulait à mon amour
        Il y a mille petits sapins brisés par les éclats d'obus autour de moi
        Il y a un fantassin qui passe aveuglé par les gaz asphyxiants
        Il y a que nous avons tout haché dans les boyaux de Nietzsche de Gœthe et de Cologne
        Il y a que je languis après une lettre qui tarde
        Il y a dans mon porte-cartes plusieurs photos de mon amour
        Il y a les prisonniers qui passent la mine inquiète
        Il y a une batterie dont les servants s'agitent autour des pièces
        Il y a le vaguemestre qui arrive au trot par le chemin de l'Arbre isolé
        Il y a dit-on un espion qui rôde par ici invisible comme l'horizon dont il s'est indignement revêtu et avec quoi il se confond
        Il y a dressé comme un lys le buste de mon amour
        Il y a un capitaine qui attend avec anxiété les communications de la T.S.F. sur l'Atlantique
        Il y a à minuit des soldats qui scient des planches pour les cercueils
        Il y a des femmes qui demandent du maïs à grands cris devant un Christ sanglant à Mexico
        Il y a le Gulf Stream qui est si tiède et si bienfaisant
        Il y a un cimetière plein de croix à 5 kilomètres
        Il y a des croix partout de-ci de-là
        Il y a des figues de Barbarie sur ces cactus en Algérie
        Il y a les longues mains souples de mon amour
        Il y a un encrier que j'avais fait dans une fusée de 15 centimètres et qu'on n'a pas laissé partir
        Il y a ma selle exposée à la pluie
        Il y a les fleuves qui ne remontent pas leur cours
        Il y a l'amour qui m'entraîne avec douceur
        Il y avait un prisonnier boche qui portait sa mitrailleuse sur son dos
        Il y a des hommes dans le monde qui n'ont jamais été à la guerre
        Il y a des Hindous qui regardent avec étonnement les campagnes occidentales
        Ils pensent avec mélancolie à ceux dont ils se demandent s'ils les reverront
        Car on a poussé très loin durant cette guerre l'art de l'invisibilité

    Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)


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  • Commentaires

    9
    Mardi 31 Décembre 2013 à 08:19

    oui je sais que c'est poetique. ben, on n'a pas besoin de faire des bagardes.

    8
    Lundi 30 Décembre 2013 à 12:56
    moi j'aodre c'est très poetique et emouvant
    7
    Lundi 30 Décembre 2013 à 08:14

    mais je l'adore ce poeme et il est tres marrant

    6
    Dimanche 29 Décembre 2013 à 05:42

    Arreter de dire sa car chacun a une vision des choses diffèrentes ils ya ce qui on un cerveau elever pour comprendre le poème et d'autres non!

    5
    Mercredi 25 Décembre 2013 à 17:13

    il n'est pas bizarre du tout

    4
    marina.t Profil de marina.t
    Dimanche 14 Octobre 2012 à 04:38

    whaaaa c'est très beau ce poème MAGNIFIQUE whaaaa

    3
    magali74
    Jeudi 19 Juillet 2012 à 17:53

    JAIME PAS DU TOUS

    2
    socheata.K Profil de socheata.K
    Vendredi 28 Octobre 2011 à 16:06

    C`EST TROS GRAND COMME POESIE!!!!!!!!!!!!!!!!!

    ON ENTTEND QUE IL YA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

     

    1
    harvey.L Profil de harvey.L
    Mercredi 12 Octobre 2011 à 15:25

    Il est bizarre!

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